Cycle du carbone, altération, érosion (INTOCC, IODP 354)
Dans le cadre du thème CYCLA, le volet Himalaya porte sur l’évaluation de l’impact de l’érosion de l’Himalaya sur le cycle du carbone. Il s’agit d’évaluer les différents processus associés à l’altération des silicates et à l’exportation et l’enfouissement du carbone. Cet axe porte en même temps sur l’observation des processus actuels sur l’ensemble du bassin et sur l’analyse d’archives sédimentaires enregistrant l’érosion dans le passé. Ces travaux sont associés à ceux menés dans le thème TEER qui visent plus précisément à la compréhension des processus physiques d’érosion et à l’évaluation des flux érosifs (cf. Lénard et al. 2020) qui constituent la première information nécessaire pour déduire des flux de carbone. L’essentiel de l’activité sur le volet Himalaya a été orienté sur les recherches associées à l’exploitation de l’Expédition IODP 354 sur le Cône du Bengale (France-Lanord et al. 2016) dont nous avons organisé le meeting postcruise en 2017. Ce projet est maintenant mené dans le cadre des ANR Himalaya-Fan (portée par Christian France-Lanord) et GI-NOHA (portée par Albert Galy).
Des recherches préparatoires en Himalaya et autour du delta du Bengale ont été menées pour améliorer notre connaissance de base des sédiments exportés. Ceci porte sur la minéralogie et la géochimie des sédiments himalayens (Borromeo et al. 2019; Garzanti et al. 2019; Bosia et al. 2016, 2018), sur les processus associés à l’altération des silicates tels que les flux d’éléments adsorbés à la surface des minéraux (Lupker et al. 2016) ou encore la réponse de l’érosion aux changements du dernier cycle glaciaire interglaciaire (Hein et al. 2017). Sur le cône du Bengale proprement dit, les recherches de base sur les datations et la structure des dépôts ont étés menés en collaboration avec nos partenaires de l’Université de Bremen (Bergmann et al. 2020, Reilly et al. 2019). Les recherches sont en cours sur le bilan d’altération des silicates à travers la thèse d’Aswin Tachambalath au CRPG. Concernant le carbone organique, un premier résultat important acquis en collaboration avec l’équipe de Sarah Feakins (USC) a démontré l’importance de l’export et de l’enfouissement de fragments de bois (Lee et al. 2019).

En parallèle, les enregistrements sédimentaires de l’érosion himalayenne apportent des informations paléoenvironnementales que ce soit à partir de carbonates pédogéniques ou de molécules organiques (Hein et al. 2017). Nous contribuons à la maîtrise de ces traceurs sur le bassin Himalayen en particulier en poursuivant l’observation des précipitations et des eaux de rivières pendant la mousson au Népal Central avec un suivi quotidien sur deux à trois stations depuis 2015.



