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Date(s) - 7 avril 2026
13 h 15 min - 14 h 00 min

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Satellites et modèles climatiques au service des pôles : des plateformes de glace en Antarctique aux projections climatiques au Groenland

 

Résumé :

L’étude des régions polaires est un enjeu majeur en sciences du climat. Reflet de l’équilibre énergétique planétaire et source de problèmes très concrets pour les populations côtières, elle se heurte néanmoins à un obstacle de taille : l’éloignement géographique.

Les données satellitaires et les modèles climatiques offrent heureusement une aide précieuse. Les satellites SAR (radar à synthèse d’ouverture), capables d’observer de jour comme de nuit (décisif au-delà du cercle polaire), fournissent des mesures des propriétés de surface et des déplacements de la calotte glaciaire.

Durant ma thèse, les satellites européens Sentinel-1 (lancés en 2014 et 2016) m’ont permis d’étudier les plateformes de glace entourant l’Antarctique. Petites en surface et minces en épaisseur, ces plateformes constituent néanmoins un rempart important contre l’écoulement de la masse continentale vers l’océan. La télédétection SAR offre pour cela une palette d’outils complémentaires (speckle tracking, interférométrie, séries temporelles) permettant d’examiner leur dynamique : fonte basale, effets de marées, migration de la ligne d’ancrage.

Les modèles climatiques polaires, quant à eux, sont des modèles physiques qui représentent sous forme d’équations et de maillage les propriétés des calottes. Leur confrontation aux observations satellitaires est particulièrement utile : là où un modèle estime une variable, une mesure satellite peut le confirmer ou l’infirmer. C’est le principe de l’assimilation de données. Durant un séjour de recherche, j’ai travaillé sur l’intégration de masques de fonte de surface dans ce type de modèle.

Enfin, tous les modèles climatiques polaires ne sont pas égaux. Si la physique est identique, les choix de paramétrisation les rendent parfois très différents dans leurs sorties. Dans le cadre du projet H2020 PROTECT, j’ai coordonné l’intercomparaison de plusieurs de ces modèles. Résultat : sous un scénario de fort réchauffement (SSP5-8.5), les projections de bilan de masse de surface du Groenland au 21ème siècle divergent d’un facteur deux selon le modèle utilisé, ce qui interroge sur la robustesse de nos estimations actuelles de la contribution groenlandaise à la montée des eaux.